texte en prose

EPHAD

 

Mon père a passé les deux dernières années de sa vie dans un EPHAD. Il analysait, comme un détenu politique, les prises de pouvoirs intempestives au sein du personnel, alors que durant toute sa vie antérieure il avait considéré la politique comme insignifiante. L’homme, naguère si peu «dans le contact physique», était devenu très sensible à ceux des différentes aides-soignantes qui l’aidaient à faire sa toilette, qualifiant les unes de douces, et d’autres, une minorité d’entre elles, de brutales. Lors de mes visites, je l’embarquais en fauteuil dans les bois voisins et lui lisait- il était devenu aveugle – , près des arbres qu’il aimait tant, de longs passages des livres d’Henri Vincenot. Il souriait alors du sourire du prisonnier ayant le désir de vivre.

Quand vous vivrez entre vieilles personnes
Entre «animations», toilettes et râles
D’une triste fin de vie qui s’abandonne
À votre mort en société carcérale

Vous pleurerez les maisons d’antan des pecnots
Où vivaient plusieurs générations
En lisant les bouquins d’Henri Vincenot
Dans l’EPHAD de votre aliénation

A propos de leblogdelpapet

A publié chez Edilivre un recueil de poèmes "Détournements entre autres"

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