Inclassable

Petit matin au vieil hôtel de la place Grenette

 

À la fenêtre de la chambre trente-huit,
La vue recèle les restes de jeunesse,
En retour de mon après soixante-huit,
Procrastinant l’entrée dans le business.

Notre manège des temps cache la fontaine
Des quatre angelots chevauchant leurs dauphins,
Mais, le ruissellement échappe au croquemitaine
D’un futur aux senteurs d’iode de leurs parfums.

Les lumières immobiles des commerces
Occultent son histoire révolutionnaire.
Pourtant, le regard de Stendhal la traverse.
Comment renoncer à changer ses congénères?

Le vide masque ses temps d’occupation
Par destins captifs du nazisme en pierres,
Sans pour autant clôturer en négation
L’esprit de résistance de l’Abbé Pierre.

Dans quelques minutes, elle s’animera.
Aux terrasses, on verra qui voudra se faire voir,
Et au jeu du spectacle social des rats,
On sourira de ceux qui se feront avoir.

Le plafond dissimule la dent de Crolles.
Le smog monte vers les crêtes de la Chartreuse.
Il faut se fringuer et enfiler ses grolles,
Pour vite le dépasser en hauteurs heureuses.

La chambre trente-huit, numéro de l’Isère,
Offre une vue grise, sourde, et nette,
Sur mes grains en écarts de cache-misère.
Je suis bien à ma place, place Grenette.

A propos de leblogdelpapet

A publié chez Edilivre un recueil de poèmes "Détournements entre autres"

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