texte en prose

Assez de Bounty, du Beaufort pour tous !

 

De nombreux hommes d’équipage n’ont supporté ni le mépris vertical du capitaine et sa route à la solde du monde hyper concurrentiel des armateurs injustes et profiteurs ni l’appauvrissent de leurs conditions vie qui s’ensuivaient pour eux.
Ils ont tenté des actes de mutineries.
De nombreux sous-officiers les ont soutenu sachant que le sort de leur progéniture risquait fort de se dégrader.
Les officiers ont soutenu en grand nombre le capitaine car par éducation et pas intérêt ils ne savaient exister et tirer quelques avantages de leurs grades qu’en étant au service de l’encadrement des hommes d’équipage dans le cadre d’un ordre immuable. 
Certains ont appelé, non sans quelques succès, au bon vieux temps des frontières de la marine à voile, si tant est qu’il n’ait jamais existé, et désigné le capitaine comme responsable d’avoir embauché de la main d’œuvre immigrée, bouc émissaire de tous les maux de la perte des bonnes eaux de la mère patrie.
Le capitaine, voyant que la répression ne suffisait pas, a mis en place un « grand débat » et a jeté quelques miettes qui ne concernaient pas les plus pauvres des matelots…
Que va-t-il se passer ? 
Je ne le sais pas, mais je doute que les révoltés du Bounty des temps modernes puissent, sans se former et sans soutien de quelques intellectuels, préciser un programme qui aille dans le sens d’une transformation du monde en territoire de biens communs.
Autrement dit, ils risquent forts de finir chocolat.

En écrivant ce risque fort de gâchis, je pense à un séjour en compagnie d’un couple ami et de leurs enfants chez l’habitant, le Maire d’alors (désolé pour l’humour potache mais je ne peux pas me refaire) de Beaufort (Savoie) dans les années 90 qui m’a fait connaître l’histoire de son fromage éponyme.
Pour faire court (le net regorge d’articles sur le sujet et je prie les connaisseurs de bien vouloir m’excuser de cette évocation très superficielle), dans les années 50/60, le développement des productions agricoles spéculatives de la plaine, des stations de ski, les grands travaux des barrages, l’exode rural, ont mis en péril l’agriculture de montagne et le fromage des « tarines ». 
C’est alors que des agriculteurs du cru ont cru à leur fromage à base de lait cru (pourtant cuit) et ont fait leur révolution. Formés par la Jeunesse Agricole Chrétienne (JAC), ils ont noué des relations fortes avec des chercheurs de l’INRA qui défendaient alors l’agriculture de montagne, se sont souciés de la préservation des paysages, ont mis en place des coopératives laitières à gestion directe, des politiques de recherches communes, des chartes très exigeantes de qualité du Beaufort, etc.
Vous connaissez le résultat, une filière entre les mains des éleveurs qui produit un fromage au-delà de toute notation.

***************

Maxime Viallet, qui a joué un rôle majeur dans le renouveau du Beaufort, aimait à dire que les  » alpages tirent vers le haut tout ce qui est en bas ».

Nos révoltés du Bounty n’ont pas d’alpages où se faire tirer et manquent cruellement d’intellectuels à leurs côtés.

Mais sur leurs « ronds-points », ils défendent une haute idée de la Justice. Et je crois que la Justice nous élève.

N’est-il pas plus que temps de partager ensemble un fromage de plus grande qualité ?

A propos de leblogdelpapet

A publié chez Edilivre un recueil de poèmes "Détournements entre autres"

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