texte en prose

« J’aime vous aimer »

 

Ma compagne m’a offert pour mon petit Noël « Lettres à Anne », le bouquin du plus d’un millier de lettres qu’a adressé François Mitterrand à Anne Pingeot entre 1962 et 1995, histoire de me dire malicieusement que je pourrais y trouver quelques leçons en matière de lettres d’amour…

Agacé par ce talent d’écriture que je n’aurai jamais de la part d’un politicien que je n’ai jamais vraiment apprécié, je l’attaque d’emblée au petit déjeuner en lui demandant sournoisement ce qu’elle penserait d’un bonhomme qui lui écrirait « J’aime vous aimer ».
Elle me répond que François Mitterrand avoue simplement par là à sa bien aimée qu’il a découvert l’amour avec elle.
Je rétorque que l’on peut aussi l’interpréter comme le caché d’une phrase de ce mythe errant narcissique qui se sert de l’autre pour s’aimer davantage, d’un stratège qui cherche à retenir une maîtresse à qui il donne peu et à s’occuper alors qu’il s’emmerde à faire de la politique, politique qui ne l’intéresse que dans la perspective de la jouissance du pouvoir, etc.
Elle me coupe en me faisant comprendre que ma boîte à critiques ferait déprimer une couvée de macaques.

Elle a raison, il y a dans toute relation d’amour un fond magnifique de passions irréductibles à toutes formes de critiques.

« Je bénis, ma bien-aimée, ton visage où j’essaie de lire ce que sera ma vie. Je t’ai rencontrée et j’ai tout de suite deviné que j’allais partir pour un grand voyage. Là où je vais je sais au moins que tu seras toujours. Je bénis ce visage, ma lumière. Il n’y aura plus jamais de nuit absolue pour moi. La solitude de la mort sera moins solitude. Anne, mon amour ».

A propos de leblogdelpapet

A publié chez Edilivre un recueil de poèmes "Détournements entre autres"

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