Moqueries

Pipo et Tarzan

Pipo, un demi-sang très foutraque,

Et Tarzan, un entier du Caucase,

Étaient pires des canassons braques,

Achetés aux abattoirs d’occase, 

Pour plaisirs en dadas de ballades,

Snobés par cavaliers de manège,

Perchés sur interdits de promenade,

En pleine nature sacrilège.

 

Peu de cow-boys pouvaient les tenir,

Et à force de rester dans bas-flancs,

À hennir à ne pouvoir s’en contenir,

De moins en moins supportaient leurs élans.

Ainsi, leur rusé proprio nous offrit,

De monter ces flippés gracieusement,

Et ados acceptèrent l’offre free,

Bêtement et audacieusement.

 

Orlando parada d’emblée sur Pipo,

Sur Tarzan, j’étais moins glorieux,

Et me récitait, ce n’est pas du pipeau,

Le mantra des cosaques furieux :

- Garde mains basses pour éviter cabré

Pas trop en avant, gaffe à la ruade

Garde ton assiette équilibrée

Gaffe à l’écart en débandade -

 

J’attendis donc mon heure comme Chita.

Et par lassitude cet empaffé

Me considéra moins comme un tas,

Indigne de ses instincts piaffés.

Orlando noblement me concéda, 

D’être en tête de premier galop,

Se portant par là-même candidat,

À me faire petit coup de salaud.

 

Tarzan que j’avais bien débourré,

Accepta p’tit galop rassemblé.

J’étais jouace comme énamouré,

De Jane en amante assemblée.

Mais ne voulant tenir chandelle,

Orlando gueula  à mon cortège :

- C’est quoi ce galop de manège ?-

En se moquant de mon top model.

 

J’ai connu bien des regards fêlés,

Sur les lignes de départs de vitesse, 

Chez cinglés en compète révélés.

Aucun ne peut avec justesse,

Égaler la folie à l’état pur,

Des yeux  de défi que se sont lancés,

Ces équidés déglingués du carbure,

Vers courses-poursuites à mort élancées.

 

Dès l’embarquement dans les labours,

Nous nous suspendîmes en nacelles,

En position obligée de bourre,

Qui libère cow-boys des selles,

Et les métamorphosent en jockey.

Pourtant nos deux super toqués bourrins,

Nous traitèrent d’emblée comme paltoquets,

Bons à décharge dans fosse à purin !

 

Nous résistâmes à ce traitement,

Vers chute par furieuse emballe,

En accompagnant les débordements,

De nos deux grands flippés de la balle,

Et nous priâmes à vitesse de folie,

Qu’ils en aient comme nous vraiment marre,

De suspendre leurs cerveaux ramollis,

À un triple galop de cauchemar.

 

Nous rentrâmes épuisés sur le tard,

Après  défoule aliénante,

Pipo tête basse de rossinante,

Tarzan boiteux ne faisant le vantard.

Nous comprîmes au regard du proprio, 

Que  nos deux cracks aux robes de boue,

N’avaient plus qu’ un avenir de bestiaux,

Et nous, de deux p’tits merdeux jusqu’au bout!

 

A propos de leblogdelpapet

A publié chez Edilivre un recueil de poèmes "Détournements entre autres"

2 Réponses à “Pipo et Tarzan”

  1. Le 4 mai 2016 à 17 h 05 min Le Marginal Magnifique a répondu avec... #

    Belle épopée cavalière ! et pauvres Pipo et Tarzan, qui auraient mérité mieux « qu’un avenir de bestiaux »…

    Dernière publication sur Le Marginal Magnifique : Déménagement

  2. Le 30 avril 2016 à 21 h 36 min chasseurdimagesspirituelles a répondu avec... #

    Il est des chevaux bien trop libres pour se soumettre aux ordres de bien trop jeunes cavaliers !!,

    très bon dimanche à toi.

    Dernière publication sur Chasseur d'Images Spirituelles : Quand d'un être chaque jour grandit son amour

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