Religion

Credo

Je crois à la paix propre et solidaire

Qui ne passe par le travers militaire

En promesse saignantes de der des ders

Vers fin sanglante de l’histoire au water

 

Je crois qu’il faut apprendre à se courber

Devant les essentiels sur l’éphémère

Comme le bonhomme du tableau de Courbet

Qui à Palavas-Les-Flots salue notre mer

 

Je crois à l’éducation des jeunes filles

Et pourrait la défendre jusqu’aux armes

Ainsi que leur choix de ne faire famille 

Si je croyais au goût du sang et des larmes

 

Je crois à tout ce qui ramène à la vie

À des petits riens aux très grands mérites

Qui se nichent parfois dans le rappel ravi

D’une vieille odeur de moules frites

 

Je crois que je suis condamné à liberté

À être « moi-même » responsable en ce monde

Même si fond de peurs mine en aparté

Le choix d’arrogance face à l’immonde

 

Je crois à l’ouverture, dès jardins d’enfants

Vers créativité des arts et des connaissances

Et à la critique des savoirs étouffants

Qui reproduisent volontés de puissance

 

Je crois à l’art symbolique de l’inutile

Qu’en imaginaire chacun est cordon bleu

Loin des cuisines marchandes et futiles

Orange de mes songes est planète bleue

 

Je crois à l’écoute sans surveillance

Et à la démocratie qui se mesure

À l’envergure de sa bienveillance  

Envers toutes souffrances dans la brisure

 

Je crois de plus en plus à primeur de l’amour

Conjugué aux vertus de la gentillesse

Et aux tendres réciprocités dans l’humour

Sur les plaisirs des plus toutes jeunes fesses

 

Je crois aux nécessaires séparations

Lorsque le mépris devient perte de soi

Que l’enjeu des amours en vacillation

Relève des survivances des « quant à soi »

 

Je crois, avez-vous cru pouvoir y échapper

Aux droits de l’homme, de vraiment tous les hommes

Des « sans-papier », « sdf »,« handicapés » 

Souverains sur notre terre, mon bonhomme

 

Je crois aux intuitions qui nous dérangent

À ce je ne sais quoi qui ne décolle pas

Et nous interroge de choses étranges 

En bonheur de ne pas être toujours au pas

 

Je crois à nos facultés d’émerveillement

De l’excellence de chacun en ses talents

La frontière des cultures de jugement

Laissant esprit ordinaire et bras ballants

 

Je crois au je crois s’il est suivi d’un quoique

Tourné vers l’échange en erreurs assumées

Dans l’égalité des sacrés bougres de gueux

Confrontés à tromper la mort dans les fumées

 

Je crois à la tolérance, vas-y papa

De différence universelle en nous

Exemple, quand hétéro je ne pige pas

Les pratiques suspectes en broute-minou

 

Je crois que prochains temps seront très violents

Que nous ne sommes pas loin de l’embrasement

Qu’il faut aux petits enfants, allez-y les glands

Léguer mémoire de paix sans renoncement

 

Je crois que l’on peut assurément douter de tout

Que douter est force des gens intelligents

Et de nombreux cons que l’on reconnaît surtout 

A ce qu’ils n’aiment pas autres petites gens 

 

Je crois que je ne puis être vraiment athée

Qu’un mouvement subtil dans l’absoluité

Déraisonne ma logique d’âne bâté 

Et lui insuffle lubie des divinités

 

Je crois qu’il ne faut pas se prendre au sérieux

Et s’il m’arrive d’en avoir le grand défaut

J’écris à mes amis comme fou-furieux

Et le vieil ado en virée joue moins faux

 

Je crois à l’inanité des longs credo

Qui décalent leurs actes et usent les mots

Comme cette litanie dont j’ai plein le dos

Je crois vous en avoir fait petite démo 

 

A propos de leblogdelpapet

A publié chez Edilivre un recueil de poèmes "Détournements entre autres"

2 Réponses à “Credo”

  1. Le 4 novembre 2015 à 16 h 50 min chasseurdimagesspirituelles a répondu avec... #

    Qui libère son cœur voit en toute image de sa vie une trace fraternelle,qui libère ses sens de toute peur,de tout doute,découvre en toute chose sa divine origine,

    très bonne soirée à toi.

    Dernière publication sur Chasseur d'Images Spirituelles : Peine et misère

    • Le 4 novembre 2015 à 19 h 39 min leblogdelpapet a répondu avec... #

      Mes intermittences me permettent
      d’entrevoir tes rives.Je ne doute pas de ta voie
      mais de ma condition précaire pour franchir les grandes eaux…

      Très bonne soirée.

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